CHIRURGIE DIGESTIVE ROUEN
DOCTEUR MAILLOCHAUD - CLINIQUE DE L'EUROPE
LE CANCER DU COLON ET DU RECTUM
LA DIVERTICULOSE COLIQUE
LA COLECTOMIE GAUCHE
LA COLECTOMIE DROITE
LES RESECTIONS DU RECTUM
LE CANCER DU COLON ET DU RECTUM

Introduction :

Le cancer colorectal est, par ordre de fréquence, au quatrième rang des cancers, tous sexes confondus. Les études épidémiologiques montrent une grande variabilité de l'incidence du cancer colorectal dans le monde. Cette incidence est notablement plus élevée pour les pays d'Europe Occidentale, classant la France parmi les régions à risque élevé. Dans ces pays, l'augmentation de l'incidence est à l'heure actuelle régulière mais modérée, de l'ordre de 3 à 5% par an.

En France, le cancer colorectal correspond à la localisation tumorale la plus fréquente. On dénombre environ 30 000 nouveaux cas par an. Il concerne ou concernera un Français sur 25 au cours de son existence.

Le cancer colorectal est rare avant cinquante ans, âge à partir duquel l'incidence augmente rapidement, doublant à chaque décennie. Il prédomine discrètement chez l'homme, avec un sex ratio voisin de 1,5. La localisation colique est la plus fréquente, correspondant à environ deux tiers des cas.

La filiation adénome-cancer est maintenant bien authentifiée. On estime que 60 à 80% des cancers colorectaux sont développés à partir d'un adénome. Il s'agit d'une tumeur épithéliale bénigne, très fréquente, plus communément appelée "polype". On estime qu'un quart à un tiers des adénomes ayant atteint une taille d'un centimètre se transformeront en cancer. D'après les données issues d'études de suivi, le risque du cancer colorectal est diminuée de 85 à 90% après l'exérèse d'adénomes.

Il est très difficile d'appréhender la durée de la séquence adénome-cancer. D'après les connaissances actuelles, on estime que l'intervalle de temps qui sépare un adénome macroscopiquement visible et un cancer avéré est d'environ neuf ans, avec des extrêmes allant de cinq à vingt ans.


Facteurs de risque :

L'alimentation est de plus en plus considérée comme un facteur important de la genèse des cancers. Une consommation  importante de certains aliments  favorise l'appartition d'un cancer comme les graisses d'origine animale, la viande rouge, les sucres, alors que d'autres ont un effet protecteur, comme les fibres alimentaires, les légumes, le calcium, la vitamine D et le café. L'obésité et le sédentarité sont également un facteur favorisant. 


Genetique et cancer colorectal :

Le cancer colorectal survient dans 2 à 5% des cas dans un contexte familial, faisant suspecter l'implication d'un facteur génétique. L'existence d'un gène prédisposant doit être évoquée dans trois situations : le diagnostic de cancer avant l'âge de 50 ans, des antécédents personnels ou familiaux de cancers colorectaux ou d'autre localisation.
Actuellement, deux maladies ont pu être authentifiées : la polypose adénomateuse familiale et le syndrome de Lynch ou HNPCC (hereditary non polyposis colorectal cancer). Cliquez

ici pour plus de renseignements sur ces maladies.


Diagnostic :

Le plus souvent, le diagnostic de cancer colorectal est porté en présence de symptômes digestifs, comme l'emmission de sang dans les selles, des douleurs abdominales ou des troubles du transit, ou de signes généraux, comme une fatigue ou une anémie. Plus rarement, il s'agit de situations abdominales aiguës, comme une occlusion ou une péritonite. Enfin, la découverte fortuite d'un cancer colorectal concerne moins de 10% des cas.

La coloscopie totale permet de confirmer le diagnostic grâce aux prélèvements biopsiques réalisés en cours d'examen. Le bilan d'extension recherche essentiellement des localisations métastatiques à distance grâce au scanner et le dosage sanguin de l'ACE (molécule secrétée par le cancer).


Traitement des cancers colo rectaux :

Le traitement des cancers colo rectaux repose sur la chirurgie. En fonction du contexte (localisation sur le côlon ou le rectum, présence de métastases), l'intervention pourra être associée à une chimiothérapie et/ou une radiothérapie, pouvant être réalisée avant et/ou après la chirurgie.

Le côlon dessine un véritable cadre dans le ventre débutant à droite (là où se trouve l'appendice), montant sous le foie pour traverser l'abdomen, grimper sous les côtes à gauche (angle gauche) et redescendre jusqu'au sigmoïde (boucle en forme de S) et se continuer par le rectum qui s'ouvre à l'anus.




Le côlon a pour fonction essentielle d'absorber eau et électrolytes rendant les matières fécales solides ("moulées"). L'activité bactérienne y est intense (production de gaz). Le rectum est un réservoir. Il retient les matières et les évacue lorsqu’il en reçoit l’ordre. 

 

 

Modalités de la chirurgie :

L’intervention consiste a enlever le segment colique ou rectal porteur de la tumeur et les ganglions lymphatiques, premiers sites de propagation du cancer, situés à proximité. Les deux extrémités du tube digestif sont réunies par une suture (couture) qui peu être réalisée manuellement à l’aide de fils ou mécaniquement à l’aide d’un agrafage. Après cicatrisation, le patient se retrouve avec un côlon légèrement plus court, mais qui fonctionne normalement.

Lorsque le tumeur siège sur le rectum, il faut parfois enlever la totalité ou la quasi-totalité du rectum tout en conservant l’anus. On réalise alors, si cela est indiqué et techniquement possible, un nouveau rectum à l’aide du côlon restant (réservoir colique).

Chez certains patients, on ne peut suturer les deux segments du côlon en même temps que l'ablation de la tumeur. On pratique alors une ouverture dans la paroi abdominale pour y aboucher le côlon ou l’intestin grêle. Cette geste s'appelle une stomie : colostomie (pour le côlon) et une iléostomie (pour l’intestin grêle). Une stomie dite « de protection » peut également être indiquée lorsque la suture entre les deux segments digestifs est à haut risque de désunion (suture entre le côlon et l’anus, confection d’un réservoir colique). La couture entre les deux segments digestifs est réalisée mais une stomie est effectuée sur le côlon ou l'intestin grêle en amont de la couture. Son but est de dériver transitoirement les selles le temps de la cicatrisation de la suture digestive. La plupart des stomies réalisées lors du traitement chirurgical du cancer du côlon ou du rectum ne sont pas permanentes. Les segments digestifs seront réunis lors d'une seconde opération, quelques semaines ou mois après la première intervention.

Lorsque la tumeur est située trop près de l’anus ou atteint l’anus, il est alors parfois nécessaire de supprimer l’anus. La colostomie sera alors définitive.

Lorsque la stomie (colostomie ou iléostomie) est présente, le patient doit porter une poche spéciale jetable, destinée à récolter les matières fécales. Ces poches sont parfaitement fixées et ne sont pas visibles sous les vêtements. Si vous devez avoir une stomie, une infirmière spécialisée vous indiquera comment changer la poche et comment soigner la peau à proximité de la stomie.




 

 










Radiothérapie externe :

Cette technique thérapeutique est essentiellement indiquée dans les cancers du rectum. Son objectif est d'améliorer le contrôle local de la maladie en diminuant le risque de récidives. L'irradiation intéresse la région tumorale et les aires de drainage lymphatique. Le plus souvent, la zone irradiée correspond au pelvis. La dose administrée varie entre 40 à 50 grays en 20 à 25 fractions sur quatre à sept semaines selon sa place par rapport à la chirurgie. 


Chimiothérapie :

Elle est le plus souvent réalisée après l'intervention (chimiothérapie adjuvante). Son but est de réduire le risque de récidive du cancer. Elle est proposée au patient lorsque l'examen au microscope de la tumeur met en évidence certains critères qui sont associés à ce risque de récidive. Il sagit le plus souvent d'une chimiothérapie d'une durée de 6 mois, avec une cue réalisée tous les quinzes jours. Elle est globalement bien tolérée même si certains effets secondaires sont invalidents (diarrhée, fourmillement au niveau des mains et des pieds, parfois perte des cheveux).

Lorsqu'il existe des métastases découvertes en même temps que le cancer du côlon ou du rectum, le traitement peut débuter par la chmiothérapie.


La prise en charge du patient :

Le traitement du cancer colo rectal fait appel à plusieurs spécialités : la gastro entérologie, la chirurgie digestive, l'oncologie et la radiothérapie. La premier intervenant est le gastro entérologue qui établie, grâce aux prélèvements effectués lors de la coloscopie, le diagnostic. Un bilan d'extension du cancer est alors réalisé par des examens radiologiques et comporte, en fonction de la localisation de la tumeur, un scanner du thorax et de l'abdomen, une IRM du foie ou du pelvis, une écho endoscopie et un bilan biologique. Une fois le bilan réalisé, et après avoir obtenu l'accord du patient, son dossier est présenté en réunion multidisciplinaire composé de tous les acteurs de la prise en charge du cancer. Les modalités du traitement sont ainsi décidées de façon collégiale.

Conformément à la réglementation éditée par les autorités sanitaires, un Pacours Personnalisé de Soins vous est remis. il comporte les différents rendez vous programmés pour votre prise en charge.

La clinique de l'EUROPE met également à votre disposition des Soins de Support, c'est à dire l’ensemble des soins qui prennent en charge les conséquences, pour le malade, d’un cancer et de ses traitements : douleurs, troubles alimentaires, problèmes sociaux, psychologiques… Les soins de support sont donc complémentaires des traitements destinés à soigner la tumeur en tant que telle (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie…). Ils sont déterminants en terme de qualité de vie pour la personne malade.

Les soins de support regroupent notamment :

  • un centre anti douleur permettant la prise en charge et le traitement de la douleur, conséquence des traitements ou de la progression de la maladie elle-même. Il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour la traiter

  • une diététicienne permettant la prise en charge des problèmes diététiques liés à la maladie et/ou aux traitements.

  • un psychologue pour un soutien psychologique. Certains malades peuvent en ressentir le besoin tout au long de leur maladie, d’autres à des moments plus spécifiques (annonce, rechute, au contraire lorsque tout va mieux…). Le soutien psychologique s’adresse aussi aux proches pour lesquels la traversée de la maladie aux côtés de la personne malade peut engendrer un besoin d’accompagnement.

  • une assistance sociale. Les patients atteints de cancer peuvent en effet rencontrer des difficultés dans leur vie quotidienne et professionnelle, liées à leur statut de malade.

Les soins palliatifs font partie intégrante des soins de support. Ils s’adressent aux malades pour lesquels la guérison définitive n’est pas envisageable. Soulageant les symptômes désagréables et les douleurs physiques, ils visent à améliorer la qualité de vie tout en respectant les priorités et les choix de la personne malade et/ou de la personne désignée « personne de confiance ».