CHIRURGIE DIGESTIVE ROUEN
DOCTEUR MAILLOCHAUD - CLINIQUE DE L'EUROPE
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DUODENOPANCRÉATECTOMIE CÉPHALIQUE

 

La duodénopancréatectomie céphalique (DPC) consiste en l'ablation, en monobloc, de la tête du pancréas, du duodénum, de la partie terminale de l'estomac (l'antre gastrique) et la partie terminale de la voie biliaire principale (VBP).


 
 
 
 

 
















Elle est réalisée principalement pour des tumeurs malignes localisées dans la tête du pancréas. Elle est également effectuée pour les cancers de la voie biliaire pricipale (cholédoque), les tumeurs de l'ampoule de Water, petit muscle situé à la partie terminale du cholédoque et des cancers du duodénum. Elle est également parfois réalisée dans les pancréatite chronique compliquée ou les tumeurs bénignes kystiques de la tête du pancréas. Il s'agit d'une intervention lourde, durant 4 à 6 heures et qui est associée à un taux élevé de complications abdominales.

 

 
TECHNIQUE OPÉRATOIRE :

L'intervention est réalisée sous anesthésie générale. La voie d'abord est une incision bi sous costale .

 
 


 
 

 
L'intervention débute par une exploration de la cavité abdominale afin de rechercher une contre indication à l'ablation de la tumeur : extension de la tumeur au foie, au péritoine, à l'artère mésentérique supérieure.

On mobilise le bloc duodéno pancréatique. Le canal cholédoque est sectionné à sa partie haute. L'estomac est sectionné à sa partie terminale. Ensuite, la région du pancréas ou la section va avoir lieu est libérée de la veine porte. Le pancréas est ensuite sectionné au niveau de l'isthme. L'intestin grêle est sectionné juste après le duodénum. L'intervention est terminée par les ataches conjonctives en arrière de la veine porte.










Vient ensuite le temps du rétablissement de la continuité. On débute en suturant le pancréas à l'estomac. On effectue une ouverture de la face postérieure de l'estomac dans laquelle est enfouit le moignon pancréatique. Celui ci est ensuite cousu (suturé) à l'estomac réalisant l'anastomose pancréatico gastrique. Le rétablissement de coninuité sur la voie biliaire et l'estomac est réalisé à l'aide de l'inestin grêle. Son extrémité va être cousu (anastomosé) d'abord à la voie biliaire (anastomose hépatico jéjunale) puis à l'estomac (anastomose gasto jéjunale).



 
 


L'intervention est terminée par la mise en place de système de drainage dont le but est essentiellement de détécter et de réduire la gravité des désunions de la suture entre l'estomac et le pancréas, principale complication de l'intervention.


APRES L'INTERVENTION :

Vous serez hospitalisé en unité de soins intensifs. Au reveil, vous aurez une sonde naso gastrique, petit tuyau introduit par une narine et descandant jusqu'à l'estomac, posé lorsque vous dormez en salle d'opération. Son rôle est d'aspirer les sécrétions gastriques afin de faciliter la cicatrisation entre l'estomac et le pancréas. Une perfusion sera posée dans le cou (abord veineux central), et permet de vous hydrater, de passer les médicaments et de vous nourir. Enfin, une sonde urinaire permettra de récolter et de mesurer vos urines. Les médicaments anti douleurs vous seront prescrits. Une pompe à morphine est souvent mise en place, vous permettant de gérer vous même le traitement antalgique pour un contrôle optimal de la douleur.

On réalise un dosage de l'amylase (ensyme fabriquée par le pancréas) dans le liquide de drainage permettant de dépister les désunions de l'anastomose pancréatico gastrique.

Au septieme jour de l'intervention, un scanner abdominal est réalisé. Il permet de vérifier la bonne cicatrisation de l'anastomose pancréatico gastrique. Si tel est le cas, et que le dosage de l'amylase est normal, la sonde gastrique est retirée et la réalimentation progressivement reprise.

Vous receverez la visite de notre diététicienne qui vous conseillera pour votre régime alimentaire. En effet, après cette intervention, le circuit digestif est modifié. La digestion est donc perturbée. La pricipale mesure diététique est le fractionnement de l'alimentation avec 3 petits repas et 2 collations à 10h et 16h. Ce régime pourra être progressivement élargi et, quelques mois après l'intervention, vous pourrez vous alimenter normalement.

La durée de l'hospitalisation, en l'absence de complication, est de 15 jours environ.
 
 
LES COMPLCATIONS DE LA DUODÉNOPANCRÉATECTOMIE CEPHALIQUE :

LES COMPLICATIONS PRÉCOCES:

- la fistule pancréatique : il s'agit de la désunion entre la suture entre l'estomac et le pancréas. C'est la principale complication de l'intervention. Elle est dépistée par le dosage de l'amylase dans le liquide de drainage. Losqu'elle est bien drainée, elle guéri spontanément en 3 semaines environ. Lorsqu'elle est mal drainée, elle peut se compliquer d'un abcès intra abdominal. Un traitement antibiotique est alors débuté. Il est parfois necéssaire de drainer cet abcès par l'intermédiaire d'un drain introduit à travers la peau sous contrôle scannographique. Si ce drainage n'est pas réalisable ou insuffisant, il faut parfois ré opérer pour évacuer l'abcès.

- l'hémorragie : elle peut être d'apparition brutale, liée à l'ulcération d'une artère par le liquide pancréatique pouvant se répendre dans la cavité abdominale en cas de fistule pancréatique.

- la gastroparésie : il s'agit d'un trouble de la vidange gastrique. L'estomac se vide mal et lentement. Cela se tradut par une sensation de distension de l'estomac après les repas et parfois par des vomissements. Cette complication est fréquente après cette intervention mais est toujours transitoire. 


LES COMPLICATIONS TARDIVES :

- l'insuffisance pancréatique endocrine : c'est le diabète.
Il peut apparaître après les duodénopancréatectomies céphaliques, surtout si le pancréas était le siège d'une pancréatite. Il s'agit le plus souvent d'un diabète de type II, se traitant avec des anti diabétiques oraux. Si le patient est déjà diabétique de type II avant l'intervention, il est possible qu'un traitement par insuline soit nécessaire après l'intervention.

- l'insuffisance pancréatique exocrine : c'est la stéatorrhée. Elle est liée à un manque d'enzymes pancréatiques dans l'intestin, dont le rôle est essentiellement l'absorption des graisses. Les selles deviennent alors graisseuses et une dénutrition peut apparaître avec une perte de poids. Son traitement repose sur des médicaments contenant des enzymes pancréatiques.


LES TRAITEMENTS COMPLÉMENTAIRES :

En cas de cancer, l'examen histologique de la tumeur (au microscope) permet de connaître précisément le type de la tumeur, sa taille, son extension, lla présence de ganglions envahis. Avec votre accord, votre dossier est alors présenté en réunion multidisciplaire, regroupant chirurgiens, gastro entérologues, oncologue, radiothérapeute, anatomopathologistes et radiologue.  Il est alors décider du traitement complémetaire que l'on va vous proposer. Il s'agit en général d'une chimiothérapie, parfois associée à une radiothérapie.